La France doit impulser "l'union méditerranéenne

Publié le par raph39

Le Schuman du Maghreb et du Moyen-Orient. Nicolas Sarkozy est venu hier soir à Toulon avec une vision très précise de l'avenir de la Méditerranée. « C'est à la France de prendre l'initiative d'une Union méditerranéenne, comme elle prit jadis l'initiative de construire l'Union européenne », a-t-il déclaré lors d'une réunion publique qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes. « Cette Union méditerranéenne aura vocation à travailler étroitement avec l'Union européenne et aura vocation à avoir avec elle des institutions communes. Elle pourrait s'organiser autour de rencontres périodiques de ses chefs d'Etats et de gouvernement (...) et aurait un Conseil de la Méditerranée. »

Le candidat de l'UMP à la présidentielle imagine cette Union méditerranéenne basée sur trois piliers : l'immigration, l'écologie et le codéveloppement. En revanche, il n'a cité aucun pays qui pourrait en être membres. Sauf la Turquie. Car tout en rappelant que la Turquie n'a pas sa place dans l'Europe, il a toutefois pour ambition de proposer à ce pays d'être « le pivot » de l'Union méditerranéenne.

Le reste de ce discours, qui intervenait après une visite à l'Arsenal de Toulon en compagnie de Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Défense, n'a laissé que peu de place aux Blum et Jaurès, tant cités ces dernières semaines. Au contraire, les mots et les idées étaient particulièrement adaptés à la population de cette ville dont l'histoire est liée aux colonies. « On doit désapprouver la colonisation », a-t-il notamment déclaré. Avant d'ajouter qu'« on doit respecter les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont pensé de bonne foi oeuvrer pour un idéal de civilisation ». Nicolas Sarkozy est même allé plus loin. « A tous ceux d'entre vous qui sont revenus des colonies en ayant tout abandonné (...), je veux dire que si la France a une dette morale, c'est d'abord envers eux et cette dette, je l'assume. Aux enfants de harkis qui ont servi la France (...), je veux dire que si la France doit des excuses et des réparations, c'est à eux qu'elle le doit. » C'est ce qu'on appelle toucher un point sensible. Et il y en a d'autres qui font un tabac : « l'assisté qui gagne plus que le travailleur », « ceux qui ne seront pas les bienvenus s'ils ne respectent pas la culture et les valeurs de la France » ou encore « l'école où l'on appelle l'instituteur, monsieur l'instituteur ».

David Carzon, (issue de 20 minutes)

Publié dans sarkozy-2007

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